ldquo;In the 1920s O G S Crawford invented aerial archaeology, one of many services this eccentric Marxist misanthrope performed for the study of antiquity.rdquo;
ldquo;Future archaeologists will perhaps excavate the ruined factories of the nineteenth and twentieth centuries when the radiation effects of Atom bombs have died away.rdquo;
- O. G. S. Crawford, from Archaeology in the Field (1953)
Magistrats, avocats, huissiers, greffiers, notaires et commissaires priseurs - en tout plus de 300 personnes - se sont réunis, mardi, en assemblée générale extraordinaire, dans les locaux de la cour d'appel de Conakry. Ils ont décidé de poursuivre leur mouvement déclenché lundi pour protester contre « l'ingérence du politique dans les affaires judiciaires ». Le capitaine Moussa Dadis Camara, chef de la junte au pouvoir, a eu beau menacer de renvoyer tous les grévistes, les personnels judiciaires ont maintenu, mardi, leur mot d'ordre de grève illimitée. Le mouvement a été déclenché lundi pour protester contre l'ingérence du pouvoir dans les affaires judiciaires.
Source : Rfi
Le bras de fer est-il vraiment engagé entre le bouillant capitaine Moussa Dadis Camara et le personnel judiciaire en Guinée ? Le président de la junte a menacé de mettre à la retraite tous les magistrats qui n’auraient pas repris le travail le 9 juin. Et pourtant, cela n’a pas suffi pour faire fléchir les hommes de loi.
Le porte-parole des magistrats, Ali Thiam, a toutefois souligné : « nous ne voulons pas et nous n’avons aucune intention d’entamer un bras de fer avec le capitaine Dadis. Le capitaine Dadis est le président de la République. Nous lui devons le respect non seulement en tant que le président de la République, mais aussi en tant que le président du Conseil supérieur de la magistrature. Et c’est pour cela que nous avons voulu attirer son attention sur cette situation d’abandon dans laquelle se trouvent les magistrats ».
Au sortir de leur assemblée générale extraordinaire, mardi, les magistrats ont décidé de prolonger leur action. Selon Kéléfa Sall, président de l’association des magistrats de Guinée, il s’agit de poursuivre : « la cessation de toutes nos activités jusqu’à la satisfaction totale et entière de nos revendications contenues dans le mémorandum du 13 mai 2009 ».
L’assemblée a décidé que toute interpellation d’un membre du corps judiciaire signifierait que tous les autres sont aussi prisonniers. « Quand on interpellera un avocat ou un magistrat, ou un notaire, un greffier ou un commissaire priseur, tout le personnel judiciaire se sentira concerné, et se constituera prisonnier. Partout où l’un d’entre nous ira, nous irons tous là-bas », a ajouté Kéléfa Sall. Il s’est également prononcé au sujet des menaces de mises à la retraite anticipée : « toutes les fois qu’un magistrat sera mis à la retraite avant la date normale, qui est de 65 ans selon notre statut, tous les magistrats se considèrent comme étant mis à la retraite ».
En tout cas, pour la deuxième journée consécutive, les cours et les tribunaux sont restés fermés en Guinée.
Libreville a désigné mardi son chef de l'Etat par intérim, la présidente du Sénat Rose Francine Rogombé, qui a prêté serment et pris ses fonctions ce mercredi dans le strict respect de la voie constitutionnelle après le décès en Espagne d'Omar Bongo Ondimba. Rose Francine Rogombé a pour mission de conduire le pays jusqu'à l'organisation, dans les 45 jours au plus tard, d'un scrutin présidentiel auquel elle ne pourra participer.
Source : Rfi
La cérémonie a eu lieu à 11 heures locales à la cité de la Démocratie. Rose Francine Rogombé a prêté serment devant la Cour constitutionnelle et les deux bureaux du Sénat et de l’Assemblée nationale.
En janvier 2006, c’est dans cette même salle que le président Bongo avait prêté serment pour son dernier mandat, qui devait s’achever en 2012. La cérémonie de ce matin est un grand symbole.
En 49 ans d’indépendance du Gabon, Madame Rogombé, deviendra le troisième président de la République. Cependant, elle n’a que trente jours, au minimum, quarante-cinq au plus, à passer à la tête de l'Etat. Son carnet de route est clair : organiser les obsèques du président défunt, et surtout organiser l’élection présidentielle, à laquelle elle ne pourra pas être candidate. C’est donc une véritable course contre la montre qui commence aujourd’hui.
Rose Francine Rogombé, portrait
La femme qui est devenue, ce mercredi matin, présidente de la République gabonaise est une personnalité de second plan mais ce n'est pas pour autant une personnalité sans relief. A 66 ans, Rose Francine Rogombé connaît à la fois les arcanes du parti fondé par Omar Bongo, le PDG (le Parti démocratique gabonais), et ceux du pouvoir ; elle fut plusieurs fois secrétaire d'Etat entre 1975 et 1990, avant d'être élue à la tête du Sénat en février dernier.
Native de Lambaréné, férue de religion, elle a obtenu une licence de théologie en 2007. Mais Rose Francine Rogombé est surtout une juriste réputée. Première magistrate gabonaise, elle est devenue avec le temps une spécialiste du droit constitutionnel. Après son élection à la tête du Sénat elle confiait ne vouloir qu'une chose, le respect de la Constitution. Un credo qui prend un relief particulier en cette période de transition où elle conduira le pays jusqu'à l'élection présidentielle.
Celle qui doit en grande partie sa carrière à ses deux pères spirituels, Omar Bongo et Georges Rawiri, l'ancien président du Sénat, n'a sans doute pas été une actrice majeure de la vie politique gabonaise de ces dernières années. Mais cette discrétion et cette relative neutralité seront peut-être demain ses meilleurs atouts.
Microsoft, l'Ecole polytechnique et le CNRS ont présenté leur projet de création de chaire pour résoudre plus efficacement les problèmes liés au développement durable à l'aide des TICs.
Sandrine Chicaud
Deux grandes questions se posent autour des NTIC et du développement durable : comment faire pour que ces technologies soient respectueuses de l'environnement ? Et que peuvent faire les TIC pour le développement durable ? C'est à cette deuxième question que veut répondre la nouvelle chaire », résume le général de division Xavier Michel, directeur général de l'Ecole polytechnique, qui a déjà créé cinq chaires autour du développement durable.
Inaugurée officiellement mercredi 3 juin 2009, à Palaiseau, cette chaire, intitulée Optimisation et développement durable (OSD-optimisation & sustainable development), est le fruit d'une collaboration entre l'Ecole polytechnique, le CNRS et Microsoft. Elle vise à développer des techniques et des outils d'optimisation qui pourront être appliqués à des problèmes réels liés au développement durable. « Elle fait appel à des compétences très différentes comme l'informatique, la recherche opérationnelle, la programmation ou l'algorithmique », explique Véronique Donzeau-Gouge, directrice scientifique adjointe au sein de l'Institut des sciences et technologies de l'information et de l'ingénierie (INST2I) du CNRS qui regroupe 170 unités de recherche, dont une soixantaine dans l'informatique.
La chaire recrute une dizaine de personnes
La chaire est animée par Philippe Baptiste, chercheur au CNRS et directeur du laboratoire de recherche informatique de l'Ecole polytechnique (le LIX/CNRS) et par Youssef Hamadi, du Microsoft Research Cambridge – un des laboratoires du Microsoft Research qui compte, au total, près de 800 personnes dans le monde (informaticiens, sociologues, mathématiciens, physiciens, etc.).
Pour l'éditeur, ce nouveau partenariat intervient deux ans après avoir mis sur pied un centre de recherche avec l'Inria à Saclay. En 2008, Microsoft a aussi créé un centre de développement technologique européen, dédié à la recherche sur Internet (Search) et à la mobilité (Search technological center). « Tous ces partenariats procèdent d'une même logique : développer l'innovation, créer des emplois et poser les jalons d'une croissance durable », précise Eric Boustouller, président de Microsoft France.
Aujourd'hui, la chaire est en phase de recrutement pour constituer une équipe d'une dizaine de chercheurs et de doctorants. Durant les deux premières années, elle va nouer des liens avec des équipes de recherche académique et industrielle, affiner la thématique de recherche et élaborer les premiers prototypes d'outils.
Des ateliers de travail et des séminaires seront régulièrement organisés, donnant lieu à des publications, largement diffusées. Une chose est sûre : la chaire a du pain sur la planche pour imaginer des applications dans le domaine du développement durable, extrêmement varié. Par exemple, créer des services en ligne innovants dans l'e-commerce qui permettent à la fois de réduire les déplacements, de diminuer la pollution liée aux transports, tout en contrôlant leur coût énergétique.
Enfin, pour les trois grands acteurs, la nouvelle chaire est aussi « une conséquence directe » de l'effet de regroupement au sein du Pôle de recherche du plateau de Saclay où se situe Digiteo Labs, le premier parc de recherche d'envergure mondiale dans le domaine des sciences et technologies de l'information en Ile-de-France.
60 ans après la déclaration universelle, la défense des droits de l'Homme fait toujours la Une de l'actualité. Droits fondamentaux violés, libertés bafouées... De nombreuses associations se battent pour protéger nos libertés individuelles et collectives en France comme à l'étranger.
Quel avenir pour les droits de l'Homme ?
Le 10 décembre 1948, les 58 Etats Membres qui constituaient l’Assemblée générale des Nations Unies adoptaient la Déclaration universelle des droits de l’Homme à Paris au Palais de Chaillot. Alors qu’on s’apprête aujourd’hui à célébrer son soixantième anniversaire, la peine de mort ou la torture, les violences faites aux femmes, l’implication d’enfants dans des conflits armés, ou encore le terrorisme restent le quotidien de millions d’êtres humains. Pourtant de nombreuses associations se mobilisent pour faire reconnaître ces droits et protéger les victimes.
Abolir la peine de mort et dénoncer la torture
Si la France a aboli la peine de mort depuis plus de 25 ans, le 9 octobre 1981, ce n'est que tout récemment, en octobre 2007, que l'Assemblée nationale ratifiait, sans modification et en première lecture, les deux protocoles abolissant cette pratique « en toutes circonstances », soit également en temps de guerre.
Dans le monde, l'année 2007 a été marquée par l'abolition de la peine capitale dans de nombreux Etats (Ouzbékistan, Gabon, New Jersey...). Selon le rapport publié par Amnesty International, 99 pays ont aboli la peine de mort en 2006, ce qui représente une avancée notable. Pourtant 69 pays la pratiquent toujours aujourd'hui. 3 861 personnes ont été officiellement condamnées à mort cette même année, 20 000 attendent d'être tuées et 1591 ont été exécutées.
Le cas de la Chine est particulièrement inquiétant. Alors qu'elle s'apprête à accueillir les Jeux Olympiques en août prochain, la peine capitale y est encore applicable pour 68 crimes et délits, y compris des infractions non-violentes telles que la corruption, le vol de bétail ou la fraude fiscale. Profitant de cette fenêtre ouverte sur le monde, neuf associations françaises et internationales, rejointes par des associations très diverses, créent le Collectif Chine JO 2008 . Son objectif : attirer l'attention de l'opinion mondiale sur les avancées nécessaires dans le domaine des droits de l'Homme. « En 2001, le gouvernement Chinois avait promis des avancées notables en matière de droits humains. Sept ans plus tard et à seulement 6 mois des JO, les avancées sont toujours attendues... », lit-on pourtant encore sur le site Internet de l'association Ensemble Contre la Peine de Mort.
Lutter contre la violence faite aux femmes
Sociales, familiales, sexuelles, voire utilisées comme armes de guerre, les violences faites aux femmes sont nombreuses. Malgré la ratification en 1979 par l'Assemblée générale des Nations Unies, d'une Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW), ces violences continuent.
Au Burundi par exemple, Médecins sans Frontières enregistrait entre 2004 et 2006, pendant la guerre civile, 1346 cas de viols ou violences sexuelles, soit 26 par semaine. En République Démocratique du Congo, ces violences se sont banalisées et se développent dans tout le pays, les criminels bénéficiant d'une étrange impunité. « Le gouvernement congolais avait fait un pas en adoptant, il y a plus d'un an, deux lois sur la répression des violences sexuelles, mais elles restent à ce jour inappliquées », confirme un rapport publié par la FIDH (Fédération Internationale des Ligues des Droits de l'Homme) en novembre 2007. Pourtant des femmes se mobilisent, notamment dans le Maghreb et le Moyen-Orient, et mènent des actions de sensibilisation tant au niveau régional que national pour soutenir les victimes, apporter des soins médicaux et psychologiques, favoriser leur réinsertion dans la société.
D'autres associations comme Avocats sans Frontière développent des programmes d'accompagnement pour aider à la reconstruction juridique des pays en difficulté. Elles luttent ainsi contre l'impunité, oeuvrent en faveur du droit au procès équitable et contribuent au renforcement de l'État de droit.
Protéger les enfants
« Chaque jour, plus de 26 000 enfants de moins de 5 ans meurent dans le monde, de causes qui pour la plupart auraient pu être prévenues », estime l'Unicef dans son rapport 2008 relatif au droit de l'enfant. Malnutrition, maladies, blessures... les causes sont nombreuses. Même s'il reste beaucoup à faire, les mesures internationales et l'action des ONG commencent à porter leurs fruits. En 2006 pour la première fois, on notait une baisse de la mortalité de l'enfant de moins de 5 ans de 60 %.
Protéger l'enfant, c'est aussi lui épargner toutes formes de violence. En 1989, 191 pays ratifiaient la Convention internationale des droits de l'enfant, premier texte visant à bannir le recours aux enfants soldats. Pourtant cette convention s'adresse aux Etats, ce qui laisse la faculté aux groupes armés non étatiques d'enrôler les enfants selon leur bon vouloir. « On estime actuellement à 250 000 le nombre d'enfants utilisés par les groupes et les forces armés à travers le monde », écrivent Manuel Fontaine, conseiller « protection de l'enfance » à l'Unicef et Henri Leblanc, chargé de programmes à l'Unicef France. Pour combattre ce fléau, l'Unicef s'engage activement en finançant des programmes dédiés à la prise en charge des enfants associés à des entités armées. C'est ainsi qu'en République Centrafricaine, 450 enfants ont été relâchés grâce à la signature d'un accord entre l'association, le gouvernement et l'un des groupes armés.
En France aussi, les Droits de l'Homme doivent être respectés
Si la France apparaît pour beaucoup comme la « patrie des droits humains », elle est encore loin de tous les respecter. Droits au logement, au travail, à l'éducation ou à la culture, respect du droit d'asile ou lutte contre la pauvreté ... Chaque année, le 17 octobre, l'association ATD Quart Monde participe à la Journée mondiale du refus de la misère. Une occasion de rappeler que l'extrême pauvreté existe aussi en France et que la vigilance des citoyens reste fondamentale pour protéger les plus démunis.
Discrimination à l'embauche, manque de réseau relationnel, accès à des emplois sous qualifiés malgré des diplômes élevés... les jeunes issus de l'immigration, de quartiers sensibles ou de zones rurales sont encore trop souvent exclus de l'entreprise. Des associations travaillent au quotidien pour rapprocher jeunes et entreprises et donner à la diversité une vraie dimension professionnelle.
Jeunes, emploi et diversité, un tiercé gagnant
Si le chômage des jeunes est une question préoccupante, l'égalité des chances reste encore aujourd'hui en France un concept à imposer. Discrimination à l'embauche ou victimes des préjugés, manque de réseau relationnel, accès à des emplois sous qualifiés malgré des diplômes élevés... les jeunes issus de l'immigration, de quartiers sensibles ou de zones rurales peinent à s'intégrer professionnellement. Pourtant leurs compétences sont nombreuses et leur volonté d'entreprendre illimitée.
Porter l'initiative dès l'école
Tutorats d'entreprises, interventions d'avocats ou d'entrepreneurs dans les collèges, conventions d'éducation prioritaire pour permettre aux élèves de quartiers défavorisés d'intégrer des grandes écoles, type Sciences Pô ou Essec... Les initiatives se multiplient. Aujourd'hui le gouvernement vient de décider la création de classes d'excellence regroupant les meilleurs élèves de chaque niveau pour leur faire bénéficier d'un enseignement digne des meilleurs établissements... Pourtant et même s'ils ont des idées, les jeunes doutent de leurs compétences ou ne savent pas toujours à qui s'adresser. C'est pourquoi l'association Ashoka, présente aujourd'hui dans 70 pays, développe depuis 15 ans un programme « Jeun-E-S » qui vise à les accompagner tant financièrement que par une mise en réseau, pour développer leur confiance en eux. Nous intervenons dès le collège, en leur disant « lancez-vous, nous pouvons vous aider », explique Catherine Leroy-Jay Fredet, chargée de la communication d'Ashoka. Il s'agit de leur apprendre à s'organiser et de permettre à des jeunes de banlieue de côtoyer d'autres univers pour rompre ce qu'ils appellent eux-mêmes le « syndrome du périphérique ». La peur d'aller à la rencontre d'un monde qu'ils ne connaissent pas.
Faire évoluer l'entreprise
À diplôme égal, les candidatures des jeunes issus de quartiers populaires sont rejetées 4 fois sur 5 et les emplois qu'on leur propose restent en deçà de leur niveau de compétence. Pourtant 500 000 emplois ne sont toujours pas pourvus, explique Saïd Hammouche, directeur général et fondateur de l'association Mozaik RH. Tous ces efforts seraient-ils donc inefficaces ? Car les jeunes, même surdiplômés, restent confrontés à la douloureuse question des préjugés et de la différence. À l'image de cette jeune Antillaise de 26 ans, titulaire d'un Bac +5. « On ne me parle que de mon beau pays, du soleil et de la mer lors de mes entretiens d'embauche, jamais de mes compétences, ni du poste auquel je postule ». Aujourd'hui il semble donc nécessaire de travailler avec les services de ressources humaines des entreprises. Il faut démontrer que la diversité génère de la richesse et faire évoluer les mentalités vers un esprit d'ouverture, ajoute Saïd Hammouche. La démarche de ce dynamique entrepreneur est double. D'un côté, l'association construit des plans d'action sur mesure et adaptés aux problématiques et à la culture de chaque entreprise. De l'autre, elle repère les candidats au sein même des quartiers et les accompagne dans leur recherche d'emploi grâce à un réseau de professionnels bénévoles. Nous proposons des ateliers individuels ou collectifs pour leur permettre d'améliorer leur présentation, les aider à convaincre ou leur transmettre les codes de l'entreprise auquel leur milieu modeste ne leur a pas donné accès.
Soutenir la création et le développement de projets
L'intégration professionnelle passe également par la création d'entreprises. Plus que tout autre, les jeunes des quartiers ont besoin d'être accompagnés. D'abord pour rendre les projets possibles et réalistes, ensuite pour bénéficier d'une aide technique et humaine. Ils ont du mal à identifier les structures qui pourraient les soutenir, explique Abdellah Aboulharjan, fondateur de Jeunes entrepreneurs de France. C'est pourquoi il est important d'aller à leur rencontre et de les aider à définir leurs besoins. Originaire de Mantes la Jolie, j'ai moi-même rencontré ces difficultés (accès aux financements, mise en réseau, connaissance de la réglementation...). Les jeunes que je vois aujourd'hui nous font donc naturellement confiance. Après quatre années d'activité, Jeunes entrepreneurs de France dresse un bilan positif. 400 porteurs de projets ont ainsi été accompagnés et le taux de viabilité s'élève à 75 %. Un chiffre significatif qui révèle l'intérêt d'un engagement de proximité.
Comment aider les pays du sud à se développer? Eclairage sur les clés d'un développement réussi et durable.
Pour nourrir le pêcheur, ne lui offre pas de poisson, apprends lui à pêcher. « Le développement, traduit Frédérique William pour l'Association française des volontaires du progrès, consiste à apporter des compétences utiles à quelqu'un qui en a besoin pour survivre et vivre dans de meilleures conditions. ». Une définition large, à l'image d'une démarche à géométrie variable. Dans une dynamique de solidarité à l'échelle mondiale, le développement rassemble des acteurs aussi différents que des associations locales, des collectivités territoriales ou des instances financières ; il se déploie dans des secteurs aussi éloignés que l'éducation, les transports ou la pêche, et s'illustre aussi bien dans les pays du Sud que dans le quart-monde occidental.
Développer les services de base
L'enjeu : mettre un terme à une pauvreté galopante et à une répartition des richesses toujours plus inégale. S'alarmant d'une baisse de revenu qui perdure dans 54 pays, situés, pour la plupart, en Afrique subsaharienne, le rapport mondial 2003 sur le développement humain (publié par l'Onu) incite les pouvoirs publics à développer les services de base. « Les pays pauvres ont besoin de centres de santé ruraux, d'écoles, de routes, d'eau potable, d'installations sanitaires. L'investissement destiné à répondre aux besoins vitaux n'est pas seulement souhaitable pour mettre un terme à la souffrance humaine ; c'est également un élément clé dans une stratégie de croissance économique. »
S'attaquer aux causes de la pauvreté
Des problèmes tels que la malnutrition, l'analphabétisme ou un accès discriminatoire aux services de base pour les femmes, les ruraux et les minorités ethniques sont certes des symptômes de la pauvreté mais en constituent aussi la cause. Les éradiquer est donc une priorité ! C'est ce qu'ont compris les organisations de solidarité internationale : elles consacrent donc leurs plus grosses dépenses aux secteurs de la santé, de l'éducation et du développement rural, sachant que leurs investissements concernent en priorité l'Afrique et l'Océan indien, puis l'Asie.
Une action concertée
Comment améliorer les conditions de vie d'une population tout en favorisant son autonomie économique et financière ? Tous les acteurs de terrain prônent une action concertée, depuis l'évaluation des besoins jusqu'au financement et à la mise en ouvre des projets. Un cas d'école parmi d'autres, mené par Ingénieurs sans Frontières : l'approvisionnement en eau potable dans la région de Kayes, au Mali. « Dans le village de Fanga, ce n'est pas l'accès à l'eau qui pose problème, mais le défaut d'eau potable : c'est la cause de 70 % des maladies en saison des pluies. » En partenariat avec des instances locales, l'équipe a appuyé la réalisation d'un système d'approvisionnement, mené une campagne de sensibilisation sanitaire et formé les villageois à la gestion autonome de l'exploitation.
Un développement durable est un développement approprié
Autre impératif pour un développement réussi : prendre en compte les habitudes des populations, valoriser leurs traditions. Améliorer les conditions de vie implique un processus de transformation sociale et économique ; celui-ci ne sera efficace que si les locaux peuvent se l'approprier. Pour freiner l'exode rural en Mauritanie, l'Association des volontaires du progrès a ainsi misé sur les coopératives de femmes pour favoriser l'autosuffisance alimentaire dans les oasis. Ces femmes ont été formées et ont bénéficié de micro-crédits le temps que leur exploitation soit rentable. Dans la même idée, Architecture et développement favorise l'utilisation de matériaux et de savoir-faire locaux pour l'habitat. Selon Sandra d'Urzo , responsable de programmes, « Tirer parti des compétences des populations, sans oublier le contexte climatique et naturel, est le meilleur moyen de réamorcer des filières d'activités ».
Exploiter des dynamiques porteuses
Investir dans des activités créatrices d'emploi, comme le textile ou le secteur manufacturier est essentiel. Une priorité que s'assigne Agrisud : « La création d'un tissu économique de base passe par de petites exploitations ou entreprises auxquelles il faut assurer un large débouché commercial. » Cette association identifie d'autres dynamiques porteuses : les jeunes, qui représentent plus de la moitié de la population dans les pays pauvres, le secteur agricole, l'entreprenariat, l'épargne et le crédit. « Les organisations de solidarité internationale ne se contentent plus d'un simple soutien financier », conclut Emmanuel Fagnou, directeur exécutif de Coordination Sud. « Elles interviennent essentiellement en renforcement des acteurs de la société civile. »
Le développement vous tente ?
Actuellement, la plupart des ONG agissent sur deux fronts. Là-bas, au Sud, elles mènent des actions de développement avec les populations locales ; ici, en France, elles sensibilisent le public au contexte du développement, y compris macro-économique : c'est ce que l'on appelle l'éducation au développement. Au quotidien, par exemple, acheter équitable, épargner solidaire, parrainer un enfant sont des actes qui comptent. Vous pouvez aussi participer à des campagnes d'information ou de lobbying, comme celle que mène Agir Ici pour réformer les institutions financières institutionnelles. Si le développement vous tente, feuilletez le répertoire des acteurs de la solidarité internationale, publié par Ritimo.
Pour 115 millions d'enfants dans le monde en âge de recevoir un enseignement primaire, la rentrée scolaire n'aura pas lieu. Parce qu'ils sont nés dans un endroit meurtri par la guerre ou la pauvreté, les enfants des pays en développement sont condamnés à travailler ou, pire, à combattre. En Afghanistan, en Haïti, en République démocratique du Congo ou ailleurs, l'éducation est une priorité mais pas toujours une réalité.
L'ambition et les faits
Objectif irréaliste ? D’ici 2015, tous les enfants du monde doivent être scolarisés dans le primaire. C’est l’engagement pris par la communauté internationale. « Le but ne sera peut-être pas atteint dans tous les pays en 2015 », reconnaît d’emblée Nicholas Burnett, directeur du rapport mondial de suivi du programme « l’Education pour tous », dirigé par l’Unesco. Près de 115 millions d’enfants dans le monde en âge de recevoir un enseignement primaire ne sont pas scolarisés. Soit environ 20% d’enfants privés de ce droit fondamental, selon l’Unicef, qui met en œuvre des actions d’éducation aux quatre coins du globe. Parmi les régions qui accusent le plus grand retard : l’Afrique Subsaharienne et l’Asie du Sud. Huit enfants non scolarisés sur dix vivent en effet dans ces zones démunies, souvent déchirées par des conflits.
L'école, une seconde chance
Retraité de l’Unesco, André Lokisso a créé l’association Assistance à l’intégration des enfants démobilisés (AIED) pour réinsérer les enfants soldats en République Démocratique du Congo (RDC). « Plus de 38 000 enfants soldats sont enrôlés dès l’âge de 7 ans dans des groupes armées en RDC. La plupart sont drogués, beaucoup sont illettrés, atteints de maladies, certains obligés de se livrer à des pratiques cannibales. Lorsqu’ils sont démobilisés, ils sont complètement traumatisés et potentiellement délinquants », confie-t-il. L’association a mis au point un projet pilote de réhabilitation de ces enfants, fondé sur l’acquisition d’une éducation de base et la formation à un métier. On estime à plus de 300 000, le nombre d’enfants soldats dans le monde.
En Haïti, pays marqué par des années de dictature, par la misère et la violence, en partie dévasté par le cyclone Jeanne en 2004, l’ONG Aide et Action soutient, elle, les écoles communautaires. Celles-ci sont « le fruit de la mobilisation des villageois qui se débrouillent avec les moyens du bord pour construire les bâtiments et recruter les professeurs. Mais, faute d’engagement de l’Etat, les villageois sont livrés à eux-mêmes et manquent de ressources financières, alors nous leur apportons un appui matériel et nous jouons un rôle de coordination », détaille Gilles Oddos, réalisateur de deux films en Haïti pour l’association née en 1981 et présente aujourd’hui dans une vingtaine de pays.
Autre nation meurtrie : l’Afghanistan. A Kaboul, environ 50 000 enfants travaillent dans les rues à laver des voitures, cirer des chaussures, ramasser des papiers…Autant qui souffrent de faim, de maladies, de maltraitance, de violence ou d’esclavagisme. Dans ce pays frappé par 25 années de guerre, « le manque d’infrastructures et de personnel enseignant est criant », affirme Edouard Gaultier, directeur de l’association Afghanistan Demain, qui intervient depuis février 2002 en faveur de l’éducation des enfants des rues. Trois centres de l’association accueillent dans la capitale les Afghans âgés entre 8 et 18 ans pour les remettre à niveau et leur permettre d’intégrer ensuite l’école publique. « En général, on arrive à convaincre les familles de l’intérêt, pour leur enfant, d’apprendre à lire et à écrire. Mais on se heurte à deux difficultés principales : la précarité, source d’instabilité, qui les amène à quitter Kaboul, et l’abandon des filles, retirées de l’école pour des raisons culturelles », précise Edouard Gaultier.
Qualité et suivi de l'enseignement : des points cruciaux
S’assurer que les écoliers bouclent un cycle complet d’enseignement primaire et supprimer les disparités entre les sexes : telles sont précisément les missions de l’Unicef en matière d’éducation. « L’enjeu n’est pas tant l’inscription des enfants que la poursuite de la scolarité des garçons comme des filles, explique Carole Reminy, responsable du service plaidoyer éducation jeunesse à l’Unicef France. Dans quelques pays, comme à Madagascar, le taux d’inscription dépasse 90% mais ils ne sont que 30% à 40%, environ, à achever leurs études primaires ». Voilà pourquoi l’exigence d’une éducation pour tous s’accompagne aussi de celle d’un apprentissage de qualité et suivi. « Certains pays, en Amérique Latine par exemple, sont sur le point de remplir l’objectif de scolarisation de tous les enfants. La hine, elle, a considérablement réduit le nombre de ses analphabètes. Et les progrès les plus rapides ont été enregistrés dans les pays les moins en avance (Afrique de l’Ouest, Inde), note le directeur du rapport mondial de suivi de « l’Education pour tous », Nicholas Burnett. Toutefois, nuance-t-il, la qualité des cours reste problématique. » Des classes qui comptent jusqu’à 80 écoliers, des instituteurs passés maître dans l’art d’un rabâchage sans réelle valeur éducative… « Il ne s’agit pas seulement de faire venir les enfants à l’école », ajoute Carole Reminy, de l’Unicef, l’ONG œuvrant autant pour fournir des repas à l’école et du matériel scolaire, que pour former des enseignants. L’enjeu est capital, comme le souligne Aide et Action : rien de moins que « le développement humain ».
Lucile Peignot est chargée de programmes auprès de Groupe développement, membre du réseau ECPAT International.
Vous coordonnez plusieurs programmes dans le monde en vue de prévenir l'exploitation sexuelle des enfants. Quels sont les pays les plus touchés ?
Il n’y a pas de zone en particulier. Nous intervenons sur tous les continents : l’Amérique du sud, l’Afrique, l’Asie. Quand les pays deviennent plus regardants comme la Thaïlande par exemple, les abuseurs se déplacent vers des pays limitrophes comme le Cambodge ou le Laos. Le phénomène est extrêmement volatile, d’où la difficulté de le combattre.
Qui sont les touristes sexuels ?
Il n’y a pas de touristes sexuels types. Certains sont de vrais pédophiles, très déterminés. Ils font le voyage dans cet objectif. Pour eux, la prévention ne peut-être effective. Seule la répression peut les toucher. D’autres sont considérés comme des touristes sexuels occasionnels, ils se retrouvent seuls, dans un pays lointain au sein d’un environnement dans lequel leurs repères moraux sont modifiés et où un climat d’impunité domine. Ce sont eux qu’il faut sensibiliser en priorité en les prévenant des conséquences de leurs actes tant pour eux que pour les enfants qu’ils ont parfois le sentiment d’aider.
Quelles sont vos actions à l'échelon local pour prévenir ce phénomène ?
L’enjeu principal de notre action est de lutter pour changer les mentalités. Dans certains endroits de la planète comme l’enfant n’est rien, il n’a aucun droit. Au Pakistan par exemple, la prostitution des plus jeunes est couramment admise. Par l’intermédiaire de formations, nous tentons de sensibiliser des administrations comme la police, la justice en leur expliquant les dégâts de tels pratiques pour ces enfants mais aussi pour leur pays en général. Nous organisons également des réunions avec les familles pour les informer des conditions de vie de ceux qui sont partis à la ville.
Les enfants sont-ils une cible privilégiée ?
Bien sûr ! Nous avons plusieurs programmes à destination des enfants des rues en Afrique. En Thaïlande, nous apprenons aux jeunes prostitués à respecter leur propre corps en leur faisant prendre conscience qu’elles ne sont pas des objets mais des individus à part entière. Nous leur donnons aussi des cours d’anglais pour qu’elles puissent se défendre face aux touristes qui les abordent. En matière de lutte contre le tourisme sexuel l’éducation reste une arme absolue.
Les beaux jours arrivent et avec eux les vacances. Pourtant, pour des millions d’enfants dans le monde, cette période est synonyme d’une recrudescence de leur exploitation sexuelle. La mobilisation de la communauté internationale et les mesures de plus en plus répressives de la part des états concernés semblent incapables d’endiguer ce fléau et les efforts des associations se concentrent aujourd’hui sur le terrain de la prévention. À découvrir.
Prévenir le tourisme sexuel
Partout dans le monde le tourisme sexuel ne cesse de prendre de l'ampleur. La mobilisation de la communauté internationale et les mesures de plus en plus répressives de la part des états concernés semblent incapables d'endiguer ce fléau et les efforts des associations se concentrent aujourd'hui sur le terrain de la prévention.
Du Cambodge au Sénégal, le phénomène n’épargne personne. Dans tous les pays pauvres où le soleil brille, des adolescents ou des enfants sont prostitués ou abusés sexuellement par des voyageurs en mal de sensations fortes. Cet énorme marché, difficilement quantifiable en raison de sa clandestinité, toucherait, selon l’UNICEF, plusieurs millions de personnes dans le monde. Il n’a cessé de se développer avec l’essor des voyages à bas prix ces vingt dernières années.
Une répression difficilement applicable
De nombreux pays se sont engagés à prendre des mesures pour lutter contre ce phénomène. La Thaïlande par exemple, a adopté des lois très répressives mais souvent inapplicables en raison du manque de formation de la police et de la corruption qui gangrène le pays. De la même manière, plusieurs états européens comme la France depuis 1994 sont aujourd’hui dotés des lois extra territoriales permettant qu’un abuseur français agissant à l’étranger puisse être poursuivi et condamné dans son propre pays. Pourtant, cette procédure reste lourde et très exceptionnelle. Alors comment agir pour lutter efficacement contre ce véritable fléau qui détruit chaque jour la vie de dizaines de milliers d’individus ?
Agir dans les pays pourvoyeurs de touristes
Selon la plupart des organisations spécialisées, les initiatives les plus efficaces à long terme se situent sur le terrain de la prévention. Pour Jacqueline Bruas, présidente de l’Association Contre la Prostitution des Enfants (ACPE), « il faut d’abord agir dans les pays pourvoyeurs de touristes pour que les mentalités changent. »
Dans ce cadre, les personnes que l’on peut sensibiliser sont nombreuses. Son organisation vient d’éditer une brochure qui est régulièrement distribuée auprès des étudiants en BTS tourisme et accompagnée de conférences intégrées au cursus de formation : « Ils sont les futurs responsables du tourisme mondial. A ce titre, il faut les informer le plus tôt possible pour prendre les bonnes décisions s’ils sont un jour confrontés à des cas d’abus sexuels. »
L’End Child Prostitution And Trafficking in children for sexual purposes (ECPAT) tente de cibler toutes les personnes qui sont amenées un jour à voyager. « Nous collaborons avec de nombreux voyagistes pour mettre en place les outils d’informations à destination des touristes », explique Carole Bartoli, chargé du développement auprès de l’ECPAT France. Ses actions passent par des campagnes d’affichage dans les aéroports, des vidéos diffusées pendant les vols qui rappellent les risques encourus pour l’auteur des abus, des encarts dans les principaux guides de voyages, des bannières sur des sites de voyages, des tracts distribués dans les centre de vaccination. Le touriste doit être informé à toutes les étapes de son voyage. « Ces initiatives poursuivent un double objectif. Elles visent à décourager celui qui serait tenté de commettre l’abus mais aussi de responsabiliser le témoin de tels faits afin qu’il prévienne les autorités. »
Sensibiliser les populations locales
Mais la prévention du tourisme sexuel ne concerne pas uniquement les clients potentiels. Il faut également agir auprès des populations qui de près ou de loin sont victimes de ce trafic. Ainsi l’ECPAT a mis en place une vraie politique d’information à destination des familles les plus pauvres qui envoient souvent un de leurs enfants à la ville sous l’influence des recruteurs. « Nous passons dans les villages et nous proposons des animations ludiques, des pièces de théâtre pour aborder ce sujet encore tabou dans de très nombreuses communautés rurales », rappelle Carole Bartoli.
Pour Sandra Ayad, membre de la Fondation Scelles, une organisation qui lutte contre la prostitution dans le monde, la lutte contre ce phénomène doit se concentrer sur la sensibilisation des plus jeunes : « Dans beaucoup de pays, les enfants sont très tôt livrés à eux-mêmes. Ils considèrent le fait de monnayer leur corps comme quelque chose de normal car ils n’ont pas d’autres alternatives pour survivre. La scolarisation et l’éducation leur permettent d’envisager un autre avenir. Elles leur donnent les moyens d’être autonomes et leur offrent la possibilité de dire non ».